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S’ACHEMINE-T-ON VERS UNE IMPLOSION NOUVELLE DE L’E.P.C. ? |
S’ACHEMINE-T-ON VERS UNE IMPLOSION NOUVELLE DE L’E.P.C. ? LE SEMPITERNEL PROBLEME DE L’APPLICATION DES TEXTES CONSTITUTIFS A L’ORIGINE D’UNE PROBABLE NOUVELLE CRISE |
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L’histoire de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise est jalonnée de crises et tensions permanentes dont les plus graves demeurent toutefois celle de 1967 qui à la suite d’un schisme verra naître une autre confession religieuse l’Eglise Presbytérienne Camerounaise Orthodoxe d’un courant fondamentaliste influencé en cela par Paul MOORE qui assimilait l’œcuménisme au socialisme et le rejetait par-conséquent. En 1970 ce mouvement de contestation ayant entraîné tensions sociales et divisions dans les communautés et même dans les familles poussant l’Etat à intervenir pour mettre de l’ordre dans l’Eglise, sera légalisée. Plus récemment encore est cette crise de 2001 qui a éclaté à la veille de la visite officielle du Chef de l’Etat français Jacques CHIRAC au Cameroun. Les assises se tiennent à Elat à Ebolowa et achoppent sur un certain nombre de points de divergences comme régulièrement de tradition dans les assises de cette institution. De plus le Secrétaire Général SATEGUE FOUDA du Consistoire Nkol-Mvolan est contesté dans sa gestion. L’ambiance est chaude et électrisée auprès des fidèles rappelés pour la circonstance par quelques meneurs du Synode Municam ; femmes et badauds s-y mêlent. Les Pasteurs s’invectivent ; d’autres en viennent aux mains, des choses hors de l’ordinaire se produisent dans le temple où se tiennent depuis des jours les assises devant des centaines et des centaines de délégués, d’observateurs et de curieux. Un hibou… à l’intérieur du temple de Dieu assiste aux évènements en spectateur sans gêne, dans une zone où on sait à quel symbole renvoient chouettes et hibou. Dans le souci de la tranquillité publique dont a besoin l’Etat pour son hôte qui arrive et les travaux ne pouvant s’achever dans l’ordre et la sérénité dans le temps imparti et en face d’une ambiance peu sécurisante pour de nombreux délégué selon une première tendance, les travaux sont déportés à Metet. Les partisans de ce courant sortis, ceux de l’autre tendance restent se retrouver à Elat et décident d’achever les travaux. Après la visite de Jacques Chirac, , le groupe de Metet ira boucler ses travaux. Et voilà l’EPC avec deux Assemblées Générales et deux Modérateurs. S’en suit alors un imbroglio et un tohu-bohu indicible dans la vie de l’Eglise d’autant plus qu’à Metet des décisions ont été prises à l’instar de l’éclatement du tout puissant Synode Municam qui « accouche » du Synode Sud. Des décisions en lesquelles le Synode Municam ne se reconnaît point, motif : inconstitutionnalité des décisions. C’est le déchirement. L’Eglise est alors plongée dans une telle tourmente pendant des années au point de craindre un autre schisme d’autant plus que la désinformation fait croire aux populations naïves que « les autres » qu’on ne considère plus comme membres de l’EPC projettent de créer tantôt une Eglise Presbytérienne Camerounaise Rénovée, tantôt une Eglise Presbytérienne Camerounaise Réformée, dans tous les cas, leur dit-on alors que les enjeux de la crise leur échappent et qu’ils ne maîtrisent véritablement pas les intérêts pas toujours clairs des meneurs, une EPCR s’apprêterait à sortir des fonds baptismaux. Bon-l’an-mal-l’an, la situation au fil des années semble sous contrôle même si on doit faire avec des confusions insolites comme à Tchangué dans le nouvel Arrondissement d’Efoulane, Département de la Mvilla dans la Province du Sud où coexistent pour une population à peine de 1 000 habitants, deux assez grandes églises toutes de l’EPC avec des fidèles frères de sang par le village et le clan (Mvo’Obam et Yévô), deux Synodes Municam et Sud), deux consistoires (ntem et Mvilla-la-Grâce). Tout semblait évoluer vers l’apaisement que voilà un nouveau rebondissement qui se profile à l’horizon dans la vie de l’EPC déjà bien tumultueuse. L’AFFAIRE NGOMO, SIMPLE INCIDENT OU AUTRE POUDRIERE ALLUMEE DANS L’EGLISE Les politologues diront certainement que le conflit fait partie de la dynamique des sociétés et qu’il contribue à leurs évolutions. Quand même, trop fréquents et à une cadence peu raisonnable, ils fragilisent lesdites sociétés et les acculent à un risque d’implosion. Beaucoup d’observateurs pensent que la majorité des problèmes ou des crises de l’EPC sont la résultante d’interminables querelles de leadership au sein de cette Eglise. Cela est probablement vrai dans un sens ; mais à la vérité par delà sous-jacents ces mobiles peut-être peu nobles, on ne peut s’empêcher de dégager un motif loin d’être ignoble à l’observation, un problème de fond relatif à l’application des textes, cette sempiternelle question de la constitutionnalité des décisions, actes et procédures. D’autres s’y greffent probablement de temps en temps. Les travaux de la 51ème Assemblée Générale de l’EPC avaient été placés sous le signe de la constitutionnalité. Seulement à l’EPC la constitutionnalité est une notion d’une élasticité semblable à un jeu d’enfants de deux groupes rivalisant à la toto-tire-nama. Chacun s’en couvre dans la moindre mésentente pour défendre ses positions. L’affaire Révérend Simon Pierre Ngomo est illustrative du débat. Une Constitution de l’EPC qui fait de l’Assemblée Générale l’instance suprême de ses institutions. Cette Assemblée Générale qui vote une loi à la 50ème Assemblée Générale acquiert force de droit dès son adoption en décidant de reconduire ipso-facto le mandat du Modérateur Général de la 50ème Assemblée Générale également à la 51ème Assemblée Générale en toute souveraineté pour les besoins de la cause et qui décide de l’abroger à un moment fatidique comme juste pour mettre en difficulté un individu. Lequel prétend que son intention était juste de donner le temps à l’apaisement des esprits surchauffés par sa sortie mais traduit devant la Commission Juridique et vraisemblablement déposé. Et ce n’est pas n’importe quel Pasteur. Mais le plus charismatique de l’EPC ; peut-être le seul à avoir une audience véritablement nationale. Le seul à la dimension sans conteste internationale établie. Ragaillardi par les textes qui disent que la mandat du Modérateur Général, Législatif est d’un an renouvelable et confiant dans le fait que dans la pratique le Rév. Bikoï II Samuel Jacob a exercé deux mandats dans des conditions juridiques fort différentes sans qu’il n’ait reçu les deux mandats en une fois, mais les a acquis séparément à chaque session. Et par-dessus tout il sait qu’il continue à être Pasteur de l’EPC, Modérateur de la Paroisse de Zoétélé-Ville et Modérateur de l’EPC. D’un autre côté, l’Assemblée Générale qui réaffirme sa souveraineté qui lui permet à tout moment de prendre toute décision qui s’impose quant à la bonne marche de l’Eglise, quitte à démettre de ses fonctions sa plus haute personnalité, convaincu ou non de faute lourde, de manière ordinaire ou exceptionnelle et qui a installé son Modérateur et décide d’infliger même au Modérateur sortant l’extrême sanction pour un Pasteur. Celui-ci s’en laissera-t-il conter. Si la sanction était effective, accepterait-il d’abandonner sa Paroisse de Zoétélé-Ville et ses chapelles dans le pays. Qu’en serait-il de celles d’Europe, d’Asie, d’Amérique. Quelle légitimité l’EPC aurait-elle sur elles ? Et quand elles reviendraient à leur prometteur celui-ci restera-t-il les bras croisés en supportant d’attendre la prochaine Assemblée Générale à Yokadouma en janvier 2009 pour éventuellement présenter soit ses excuses ou demander pardon ou alors se voir réhabilité à l’issue des assises ? Compte tenu de son auréole, si l’Eglise persistait dans la fermeté, résistera-t-il à la tentation à la lumière des lois sur les libertés et particulièrement celle des associations, d’en créer une d’obédience religieuse. Quelle sera l’attitude des fidèles ? Le troupeau ne se disperserait-il pas ? Et les Bergers n’auraient-ils pas une part de responsabilité dans l’image que l’Eglise de Dieu laisserait quant à sa crédibilité devant Dieu et devant les hommes, dans le pays comme à l’extérieur et avec les conséquences fâcheuses que l’EPC devrait assumer comme dans son initiative et sa volonté d’intégrer la CEEVA et les bénéfices qu’elle devrait en tirer. LA REFORME DES TEXTES ATTENDUE Apparemment l’application des textes mis en place est l’une des sources des conflits et des crises. Des textes conçus à une époque où le Cameroun n’était pas indépendant et par qui ? Il est à craindre que beaucoup de concepteurs de cette Constitution aient été les Américains, auquel cas ils n’avaient pas suffisamment cerné l’esprit et la mentalité des Camerounais et plus grave ce qu’ils seraient 20 à 30 ans après les indépendances ; car l’environnement socio-politique à tendance à influer sur la vie et le fonctionnement de l’Eglise. Et si les pères de cette Constitution étaient véritablement les nationaux, à ce moment de l’histoire du Cameroun, il ne serait pas étonnant qu’ils aient été animés de meilleures dispositions et de volonté, mais avaient-ils tous les moyens techniques suffisants sur le plan psychologique sociologique, juridique… pour doter leur Eglise d’une Constitution qui réponde aux besoins de l’époque, qui s’adapte dans le temps et qui soit futuriste ? Il est difficile de répondre par l’affirmative à ces questions. 50 ans après aujourd’hui sans amendement, la Commission des Réformes qui avait été mise sur pieds au plus fort des conséquences et des turbulences de la crise d’Elat-Metet et qui aurait présenté son rapport il y a trois ans (2004) a véritablement du pain sur la planche car les fidèles nourrissent beaucoup d’attentes des résultats de ses travaux. Doter l’Eglise des institutions et des moyens et procédures qui rendent l’Eglise forte et moins fragile comme elle apparaît aujourd’hui à la moindre bourrasque, tout en lui permettant de rester fidèle à sa doctrine et à sa philosophie quant à la construction de l’Homme dans un message d’Amour, dans l’humilité et la modération. D’après ce qui a été dit durant les travaux de la 51ème Assemblée Générale de l’EPC, ce n’est plus pourtant pour longtemps pour voir ses résultats soumis à l’Assemblée Générale. Peut-être que la prochaine à Yokadouma en 2009 aura-t-elle cet honneur. Pourvu que la qualité des délégués relève le débat pourqu’on ait plus des « MOTION ! SECOND » de forme. Les enjeux seront bien très très importants. |
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