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E.P.C. PROFESSION, PASTEUR, HOMME DE DIEU AU SERVICE DU PEUPLE DE DIEU OU OPPRESSEUR DU PEUPLE DE DIEU ?

   

Le Pasteur est le seul ministre du culte à ce jour chez les Protestants et à l'Eglise Presbytérienne Camerounaise. Ici, il n'y a pas de hiérarchisation ni de classification dans une échelle quelconque. Un Pasteur consacré est un Pasteur comme tous les autres ayant en principe les mêmes capacités et les mêmes pouvoirs spirituels en aptitudes et potentialités. Le reste est affaire de charisme individuel. L'EPC a mis en place des séminaires de formation théologique et à l'exercice de Pasteur.

Comme leur nom l'indique, les Pasteurs sont des hommes qui gardent le troupeau de Dieu. Ce sont donc des bergers ayant la responsabilité de conduire les fidèles. On leur donne encore le titre d'honneur de Révérend et on les appelle Révérend Père ou Révérend Pasteur. L'image que ces autorités morales et spirituelles laisse aujourd'hui auprès du grand public n'a cessé de se dégrader.

DES ETUDES DANS LES SEMINAIRES AU METIER DE MINISTRE DU CULTE

L'EPC a aujourd'hui un certain nombre de Séminaires célèbres, la Faculté de Théologie Protestante à Djoungolo et l'Institut Universitaire de Théologie Dager de Bibia par Lolodorf anciennement Institut de Théologie Dager. Depuis peu, un autre Séminiare a vu le jour à Foulassi par Sangmelima.

L'entrée à Bibia se faisait sur présentation du B.E.P.C. Puis les études duraient trois années à l'issue desquelles l'étudiant était appelé à faire l'apprentissage pratique de son exercice de ministre du culte auprès et sous la charge d'un Pasteur consacré Modérateur d'une Paroisse dans le vocabulaire de l'Eglise, cet étudiant "Licentiate" effectuant un stage pratique à l'issue duquel aux termes d'une périodejugée probante, l'institution compétente l'estimait apte à exercer comme Ministre du Culte. Il était alors affecté dans une Paroisse.

A la Faculté de Théologie Protestante, l'entrée exigeait le Baccalauréat de l'enseignement classique ou la présentation du Baccalauréat théologique obtenu à Bibia. Ceux qui y accédaient directement étaient appelés à exercer comme Licenciate avant la consécration à l'issue d'une Licence en Théologie d'un cycle de trois ans, alors que ceux qui, ayant déjà servi sur le terrain, nantis de leur Baccalauréat en Théologie pouvaient poursuivre l'approfondissement de leurs études par l'obtention d'une Licence en Théologie et même plus loin, au même titre que tous les titulaires de Licence en Théologie améliorant leur back-ground jusqu'à obtention d'un Doctorat.

Voilà présentée la formation de ces hommes longtemps considérés comme des "vrais" homme de Dieu.

DES BERGERS EXEMPLAIRES CONSIDERES HIER COMME DES HOMMES SACRES

Ces hommes inspiraient véritablement confiance par la manière qu'ils atterrissaient au métier de Ministre du Culte, et par leur façon de vivre au quotidien. Il n'y avait pas l'ombre du moindre doute, ils y venaient par vocation.

Le Dr Silas Framklin Johnson, médecin malgré la tristesse de son parrain et les moqueries de ses amis "pourquoi perds-tu une si bonne place, les malades manquent-ils ici ?", promu à un brillant avenir à Los Angeles en Californie où il devait succéder au vieux médecin grâce à qui sa formation lui avait été possible et où il avait pu effectuer pratiquement tout son stage, et sa fiancée institutrice n'hésiteront pas à ne répondre qu'à un appel de Dieu. Malgré les risques d'une telle entreprise, ils optent de venir en Afrique qui ne leur offrait aucune perspective sur le plan économique, Adolphus Clement GOOD, Charles W. MC Cleary et sa femme (affectueusement surnommé "le Bien Armé") et Maman MC Cleary ( "celle qui aimait"). Les Pasteurs William C. Johnston, le Dr Lehman ont très certainement inspiré les Pasteurs Akoa Abômô, Meye Me Nkpwele, Meye Me Ondja'a, Essiane Ndjeng, Awa Atangana en suscitant leur vocation et en prêchant par l'exemplarité de leur vie marquée par l'amour du prochain, le désintéressement au matériel et à l'argent, le dévouement. C'était des autorités morales et spirituelles dignes de confiance et au crédit établi.

Le Révérend Pasteur Ngomo simon Pierre titulaire d'une Licence en Droit dans les années 1974 à une époque où on pouvait s'offrir quatre à cinq concours de cadre dans la Fonction Publique Camerounaise à l'époque (où on n'avait que l'embarras du choix) a certainement été inspiré par la même vocation de l'appel de Dieu. Ce sont des Bergers à l'amour de Dieu et du prochain. Des hommes véritablement sacrés pour la société, les ajustements structurels n'ont pas encore fait leur sinistre entrée au Cameroun et la conjoncture économique du Cameroun est loin d'être au rouge.

LE SENTIMENT AUJOURD'HUI DES SIMPLES HOMMES A LA TOGE OU A LA SOUTANE

Depuis les ajustements structurels des institutions de Bretton Woods, les emplois se sont raréfiés. Le nombre de ceux qui ont perdu le sens de la dignité d'homme (car sans emploi) et la forte scolarisation du pays (ayant déversé dans la rue un important lot d'hommes à un certain niveau d'instruction) est allé grandissant, beaucoup par dépit sont entrés par effraction à l'EPC comme Pasteurs.

Alors, on ne reconnait plus ces hommes à la vie qui sort de l'ordinaire, aux façons et attitudes plaisantes d'intérêt socialement parlant.

Ce sont aujourd'hui des maîtres fornicateurs avec leurs fidèles et diaconesses, des adultérins invétérés, des escrocs, des corrompus et corrupteurs, des détourneurs de fonds, en clair beaucoup parmi eux sont devenus des hommes sans moralité ou au mieux des cas à la moralité douteuse. Ce ne sont plus que des hommes à la soutane, à la toge inspirant peu Dieu et suscitant l'inquiétude pour les fidèles qui se demandent non sans raison s'ils ne sont pas entrés dans l'Eglise pour mieux lui porter des coups à l'intérieur en servant le dessein du Malin, c'est-à-dire du Diable.

SERVIR DIEU OU SE SERVIR DE DIEU POUR OPPRESSER LE PEUPLE DE DIEU ?

La société a connu une déliquescence certainement sur le plan moral : aujourd'hui ne sont plus mis en valeur que le matérialisme, le prestige social. Qu'importe de quelle manière on les a acquis. La valeur intrinsèque d'un individu importe peu. Les hommes sont jugés par le poids de leur avoir, par le prestige dont ils semblent jouir dans la société où ils vivent. Tout le monde a oublié que d'autres richesses d'une nature différente existent. Le Christ a beau avertir il y a deux mille ans que "l'homme ne vit pas de pain seulement", il a beau laisser à la postérité un nom qui marquera à jamais le monde, avec une philosophie universelle et éternelle centrée sur l'amour, le salut, le pardon, la foi, n'ayant laissé ni veuve, ni enfant, encore moins un chantier de maison même à peine entamé, c'est le règne de la course effrénée à ces symboles synonymes de réussite sociale.

Et comme la conjoncture économique drastique s'y est invitée et a rendu l'emploi précaire et même impossible, l'Eglise offrait des perspectives assez intéressantes et servirait de palliatif à ce dessein. De la considération garantie et même un abri au petit besoin élémentaire. Et pourquoi pas même pousser très loin. Se faire de l'argent pour faire tout ce que les autres font à des échelles sociales considérées comme des élites. Qu'importe qui on fréquente et comment on le fréquente. On n'a même pas le courage de l'amener à changer même si sa conscience est toute ensanglantée. Ce qu'il apporte à l'Eglise, à soit en tant que Pasteur, a bien plus d'enjeux. On vous dira alors que Jésus-Christ est venu chercher les mauvais et que ce sont les malades qui vont à l'hôpital en oubliant que le même Christ ajoutait à ses interlocuteurs d'aller et de ne plus pêcher afin que ce qui est pire que la mort ne leur tombe dessus.

Quant aux fidèles, ils deviennent de véritables vaches à lait pour les pasteurs, à traire en toutes circonstances et à toutes les sauces.

C'est dire que les pasteurs de l'EPC doivent tout faire pour améliorer leur image, car ils ont besoin d'inspirer plus de confiance individuellement pour l'ensemble de l'EPC. Ils doivent servir de vitrine de ce qu'est le royaume de Dieu et du règne de Jésus Christ à son Retour. Cela contribuera également à moins disloquer les brebis qu'ils sont sensés rassembler.

 
 

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