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L’EVICTION DU REV. SIMON PIERRE NGOMO

   

L’EVICTION DU REV. SIMON PIERRE NGOMO COMME MODERATEUR DE LA 51EME ASSEMBLEE GENERALE ET DU BUREAU DE L’EPC, ACCIDENT OU DECHEANCE PROGRAMME ? RANCOEURS ET PASSIONS : LE FILM D’UNE TRAGEDIE POUR ET DANS L’EGLISE

Nous l’avions déjà dit, le Révérend Pasteur Ngomo Simon Pierre est véritablement un homme controversé, aimé ou adulé par les uns, mal aimé ou honni par les autres. Dans le milieu ecclésiastique auquel il appartient, il y a à se demander s’il y a quelqu’un en qui il puisse véritablement se fier car c’est à penser que les uns et les autres s’allient à lui en fonction des intérêts qu’ils poursuivent et des circonstances. Et ses plus grands défenseurs d’un instant peuvent aussi devenir ses pourfendeurs acharnés de celui d’après. Cet homme au charisme d’un genre qu’on en trouve rarement dans l’Eglise Presbytérienne Camerounaise est pratiquement le premier à afficher ouvertement la dimension charismatique de son évangélisation, des pratiques qui semblent alors taboues et condamnées dans cette Eglise.

Devant la bourrasque provoquée par les transfuges interminables parmi les fidèles de l’EPC vers les nouvelles religions dites éveillées ou réveillées, sa méthode a tôt fait de provoquer le même phénomène dans le sens contraire ; il draine les foules. Et les fidèles peuvent espérer croire à un dieu plus « vivant », moins « endormi » et qui n’attendra pas que le dernier jour c’est-à-dire celui de la résurrection qui verra le jugement de tous pour régler tous leurs problèmes. Il guérit de nombreux patients confrontés aux maladies d’ordre clinique ou mystique et sa dimension internationale, donne une certaine reconnaissance à sa crédibilité. Mais, non seulement il est Pasteur, il est aussi juriste, d’une ouverture d’esprit qui lui permet de regarder dans la théologie et au-delà de celle-ci.

Dans sa mission d’évangélisation et face au besoin de se rapprocher des ouailles, le voilà qui bouscule une autre habitude dans les pratiques de l’EPC ; après-avoir été condamné par ses pairs d’exorcisme, une pratique alors désapprouvée par l’Eglise, le voilà qui installe des Chapelles, bien loin de l’Arrondissement, du Département, de la Province d’origine du lieu d’implantation de Zoétélé-Ville dont il est le Modérateur, hors du ressort territorial de son Consistoire, de son Synode, non sans avoir soulevé des vagues parmi ses pairs qui se plaignent alors d’une implantation anarchique des Paroisses.

En 1998, la décision prise à Akonolinga de stopper cette évangélisation à tout vent, on s’en doute est dirigée contre lui en partie ; d’ailleurs il est invité à collaborer avec les Paroisses locales dans le cadre de ses retraites spirituelles qui sont ses principaux cadres d’évangélisation en essayant de trouver des solutions aux problèmes auxquels les hommes sont confrontés, maladies, délivrances diverses et autres.

L’installation dite anarchique des Paroisses nécessite alors d’être maîtrisée et réglementée. D’autant plus que dans les localités où Zoétélé-Ville essaie de s’installer, les autres Paroisses se vident et sont exposées au démembrement, à l’implosion.

Pour parer à cette situation, de nombreux Pasteurs initient des prières spirituelles et s’improvisent Pasteurs charismatiques. Mais leur efficacité ne suit pas toujours et devient leur handicap. Nombreux sont ceux d’entre eux qui atteignent à peine un traitement de 25 000 FCFA le mois.

Comment fait leur collègue Ngomo Simon Pierre pour être toujours entre deux avions ? Qui va en Europe, en Amérique, en Asie comme un fonctionnaire d’une ville qui se rend au centre administratif ou au centre commercial de la localité ? Quel est son secret pour être à même d’ouvrir des Chapelles à des endroits si lointains et si difficiles à l’évangélisation ? Cette popularité parmi les fidèles de l’EPC et des autres confessions religieuses ne cache-t-elle pas des desseins obscurs ? On n’hésite pas à véhiculer auprès du public qu’il s’adonnerait à des pratiques qui s’apparentent à celles d’une secte. Et pourtant d’autres Pasteurs se rapprochent de lui pour apprendre, le côtoient régulièrement et s’en vont établir leurs réputations ici et là, certes à un degré moindre.

Il est même victime d’un empoisonnement auquel il survit. Les accusations de plusieurs natures sont faites contre lui ; déposé par sa confrérie de Pasteurs plus d’une fois. Le roseau plie mais ne rompt. Quand à la 50ème Assemblée Générale de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise à Zoétélé chez lui en janvier 2007, il est porté comme Modérateur Général, c’est un Pasteur qui dérange pour plus d’une raison ; qui embarrasse plus d’un parmi les hommes ; chez certains d’entre eux dans l’Eglise même. Mais celle-ci peut-elle tirer bénéfice de cette apparente confiance ?

DES SIGNES REVELATEURS

Connaissant l’homme et embarqué dans une tempête tumultueuse où la  vie même de l’Eglise est exposée aux risques et périls préoccupants, l’EPC sur propositions de tous ses Synodes à Zoétélé-Ville du Révérend Pasteur Ngomo Simon Pierre comme Modérateur Général donnait l’impression, loin de remplir une simple formalité (ce qui serait vraiment léger pour une confession de sa dimension), de chercher un Modérateur qui apporterait un plus à cette fonction. Pour l’intérêt général de l’EPC, peut-être son ouverture d’esprit, son énergie débordante, son dynamisme rayonnant et l’exemple des  œuvres au niveau de ses activités, restaureraient à l’EPC sa crédibilité d’antan.

Serait-il l’homme de la situation ou de la trempe dont l’Eglise aurait besoin pour devenir cette Eglise forte aussi bien à l’intérieur que dans le concert des autres institutions religieuses et même pour donner une nouvelle dimension à l’évangélisation de l’EPC où on utilise que les langues locales et exclusivement le français comme langue officielle donnant l’impression que les Camerounais de la partie anglophone du pays d’expression anglaise ne pourraient pas être touchés par le message d’évangélisation de l’EPC, malgré la présence dominante de la « Presbyterian Church of Cameroon » ici. Et de manière subsidiaire permettrait-il à l’EPC de faire rayonner le message universel de Christ avec sa doctrine et sa philosophie à l’international bien que Camerounaise au départ.

Apparemment, rien de tout cela ne faisait partie des objectifs des délégués à la 50ème assemblée Générale à Zoétélé qui prirent la décision de le porter Modérateur Général. Ils avaient tellement peu cerné le personnage qu’assis à la place où il avait été mis pour conduire les travaux, (quand proposition avait été faite pour les besoins de l’année jubilaire qui coïncidait avec la même année de la 50ème Assemblée Générale à quelques mois d’intervalle tout en tenant compte de la perspective à quelques semaines de la 51ème Assemblée Générale dont les travaux en principe se tiennent à la mi-janvier, dans un souci de réalisme qui confronterait l’EPC à des doubles dépenses avec une trésorerie loin d’être évidente) proposition, disions-nous avait été faite que l’Assemblée Générale (la 51ème ) soit couplée avec le Jubilé, et le mandat de la 50ème Assemblé Générale soit doublé, pour qu’il soit également celui de la 51ème Assemblée Générale de l’EPC ; motion avait été « donnée, secondé et votée » comme d’habitude sans savoir si on mesurait la portée de la décision.

Déjà pendant les travaux de cette 50ème Assemblée Générale, peu de gens avaient fait attention à quelques fissures qui se dessinaient sur le mur de la maison EPC. Lorsque le Président de la Commission de Théologie le Révérend Zo’omevele Baudelaire pendant le rapport sur la prière de guérison et l’exorcisme proposait la position de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise de former une équipe interprofessionnelle d’au plus cinq personnes pour une concertation qui devra accoucher un programme comprenant les enseignements de formation, la déontologie, les appréciations des compétences soumises à l’EPC et que les Juridictions de l’Eglise devraient présider aux choix des candidats à cette spécialisation et l’utilisation ou le déploiement de ces cadres sur le terrain qui devraient être organisés ou planifiés par la juridiction d’appartenance, le regroupement de ces « spécialistes » en association qui ne soit pas à exclure et des rapports qui devraient en être fournis lors des rencontres des juridictions de l’EPC ; Au passage, il aura titillé le Pasteur Ngomo pourtant un des spécialistes dans le domaine en le taxant d’autocrate.

En mars 2007 le Révérend Pasteur Massi Gams Dieudonné élu pour cinq ans comme Secrétaire Général de l’EPC depuis 2003 est écarté pour insubordination » dans la lutte pour le Leadership que se mèneraient le Modérateur Général et le Secrétaire Général de l’EPC estiment d’aucuns en oubliant que même la presse privée avait fait mention de son implication dans une distraction d’une importante somme d’argent. Même sur le plan politique, les immunités sont souvent levées, furent-elles parlementaires, en attendant que l’éclairage soit fait sur ces questions. Et également dans les états-majors des groupes politiques comme les Partis, on a souvent vu des membres des Bureaux ou comités Centraux mis de côté pour un temps, dans le même but. Combien de fois le bureau d’une Assemblée comme une Eglise qui doit être l’incarnation même de l’éthique et de la morale, de la construction de l’Homme et de la Société. Très peu sont ceux qui auraient pris les choses dans ce sens.

Même au courant de l’année, sa méthode dans la gestion des conflits au sein de l’Eglise a été celle du manager qui gère en bon père de famille les intérêts généraux de la maison dont il a la charge et répond en principe. Rien ne peut fonctionner dans l’anarchie et dans le désordre, d’où une certaine fermeté du ton quelques fois conscient du postulat qui veut que souvent « trop de liberté tue la liberté » mais dans l’intérêt de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise. Les uns et les autres dans une organisation où la première personnalité ne bénéficie d’aucune protection juridique pour mener à bien sa mission et sa tâche, auront tôt fait d’alimenter des dissidences avec des textes obsolètes pour de nombreux observateurs, tout était réuni pour battre en brèche l’Action 082/07 de la 50ème Assemblée Générale de l’EPC.

Et dès l’ouverture des travaux les choses ne tardent pas à se manifester d’elles même. La tension qu’on percevait entre les délégués le lundi 10 décembre 2007 à l’installation de ceux-ci commence à faire tomber ses masques ; lors du culte d’ouverture du mardi 11 décembre du Pasteur Ngomo Simon-Pierre, des chahuts sont perceptibles ici et là. Puis viendra l’explosion avec le litige de l’élection du Bureau de l’Assemblée Générale et celle du Modérateur Général qui ne figure pas à l’ordre du jour.

UNE SORTIE REGRETTABLE

Les choses se confirment dans la suite des travaux. Dans le rapport rendu pour l’affaire Consistoire Foulassi et ses environs une note du Modérateur Général, Secrétaire Général par intérim est tournée en dérision par le ton de lecture et par l’assistance et tard dans la nuit du samedi 15 janvier 2007, lorsque la Commission Juridique Spéciale doit rendre son rapport, la fermeté et la rigueur des propos des participants sont tels que la tentation est grande de conclure à quelque chose qui n’avait rien de fortuit.

D’aucuns n’hésiteront pas à demander une sanction exemplaire à l’immédiat en l’absence du concerné sans un conseil représenté ceci même au mépris des principes les plus élémentaires de droit, celui du contradictoire et de la présomption d’innocence dont bénéficie le présumé tant que sa culpabilité n’est pas établie. Heureusement la sagesse aidant et peut être aussi l’heure tardive y étant également pour quelque chose (il est alors presque minuit), les travaux doivent se poursuivre jusqu’à lundi 17 décembre, deux ou trois Commissions n’ayant pu présenter également leurs rapports et les travaux de celle de la Commission Juridique Spéciale devant se retrouver ce lundi à 17 heures avec le Conseil du Révérend Ngomo Simon Pierre dont le retour reste jusque là attendu.

Il est à regretter cette sortie malheureuse du Pasteur Ngomo. Sans connaître les raisons d’une telle attitude, il faut reconnaître que quelle que soit celle-ci, ni l’EPC, ni ledit Pasteur n’en sortent grandis. Et le prétexte de la volonté d’une préalable accalmie (dans ce qui pourrait être appelé la Salle), ne convainc personne. Car les travaux ont pris bien du temps pour reprendre après sa sortie et des sources dignes de foi indiquent bel et bien que des émissaires avaient été dépêchés auprès du Modérateur sortant pour tenter de le ramener sur la table des travaux, en vain. Mais l’attitude la plus blâmable encore est celle de l’EPC dans son ensemble qui tarde à soumettre les résultats des travaux de la Commission des Réformes Constitutionnelles quand on sait que la plupart des goulots d’étranglement de cette Eglise proviennent d’une interprétation de la conformité à des textes dont on est en droit de se demander aujourd’hui s’ils avaient été bien ficelés et dans l’intérêt d’asseoir une Eglise solide, ou alors une Eglise formelle.

Beaucoup de choses doivent être revues dedans. Peut-être le drame est-il qu’on ait donné un mandat à quelqu’un un peu tôt par rapport aux moyens qu’il doit disposer pour mener à bien aux destinées de cette Eglise. Mais ceux qui sont honnêtes reconnaîtront que des signes montrent qu’avec des meilleurs conditions, à une périodicité raisonnable, l’homme aurait apporté un plus. D’ailleurs les pourvoyeurs des domaines fonciers de l’EPC par exemple et leurs complices peuvent enfin peut-être respirer, ou dormir à nouveau.

 
 

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