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Ce qu’il faut savoir de certaines Stations de la Mission Presbytérienne Américaine qui a vu naître l’Eglise Presbytérienne Camerounais à savoir Foulassi et Efoulane |
Lorsque les Américains de la Mission Emmanuel arrivent au Cameroun qui n’est alors qu’un territoire composé d’un ensemble d’entités politiques différentes et hétéroclites, ils s’installent sur la côte à Batanga où sera érigée en 1869 la première Paroisse de ce qui est connu aujourd’hui comme la Mission Presbytérienne Américaine. D’ici sera entreprise l’évangélisation de ce territoire jusque là considéré dans les relations internationales du moment comme sans maître, et qui avec les accords germano-duala devient un protectorat allemand en 1884. A partir de cette base, ils entameront leur pénétration à l’intérieur du continent où ils créeront des antennes qui seront des véritables stations servant de relais dans cette mission d’évangélisation. Deux de ces stations Efoulane et Foulassi peuvent prêter à confusion. |
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Efoulane, la première Station à l’intérieur du pays Boulou et du Cameroun Efoulane, vous en avez certainement entendu parler. Mais gare à la confusion car des Efulane ou Efulan ou encore Efoulane, il y en a beaucoup en pays bulu dans la Province/région actuelle du Sud et même dans la Province/Région du Centre. Ainsi sur la route Ebolowa-Lolodorf, à 32 km de la ville d’Ebolowa, il existe une localité qui porte ce nom. Aux mois d’avril-mai, cette localité a été érigée en Commune et en Arrondissement. Efoulane existe également dans le Dja-et-Lobo dans l’Arrondissement de Meyomessala. On ne peut oublier également Efoulane dans la capitale politique du Cameroun, où est implantée la résidence de l’ancien Chef Supérieur des Ewondo Charles Atangana devenue depuis quelques années un patrimoine culturel de l’UNESCO ; cette Efoulane est aujourd’hui tout un quartier de la ville de Yaoundé siège des institutions politiques du pays. Et il en existe probablement d’autres dans les régions beti-boulou-fang. Celui qui a été choisi pour servir de station de relai à l’œuvre d’évangélisation de la Mission Presbytérienne Américaine est une localité qui se trouve dans la Province du Sud sur l’axe Ebolowa-Kribi en passant par Akom II, après Akom II à Nkoñemekak. Le site est sans doute choisi par Ngôtô Zambe, Adolphus Clement Good de son nom bien avant 1894, car c’est cette année là que M. Good vint accueillir à Nkoñemekak la délégation du premier convoi de missionnaires vers l’intérieur du pays conduit par Monsieur Lafflin qui verra débarquer pour la première fois trois hommes : Dr Johnson, Dr Fraser et Monsieur Roberts, son premier personnel tel qu’il avait été décidé par la Conférence des Missionnaires peu avant à Batanga. La petite compagnie arriva à Efulane le 1er février 1895 et Mme Johnson demeura un an à Efulane sans que la localité ne voie une autre dame blanche. De même qu’y naîtra la première enfant de race blanche dans la brousse du Cameroun en la personne de la petite fille des Johnson, Mary qui aura l’autre honneur de recevoir le premier baptême dans cet hinterland camerounais. Efulane est tout aussi un symbole plein d’histoire sur le plan religieux évidemment mais aussi sur le plan politique. Déjà première station de relai de l’Eglise au niveau de l’œuvre sociale et médicale, en 1896 existait déjà une structure de santé où on pouvait même amputer une jambe ou effectuer des opérations du col de l’utérus des femmes. Mais déjà le 13 décembre 1894, Efulane sera le théâtre de l’inhumation du Dr Adolphus Clement Good « Ngôtô Zambe », le premier blanc vu en pays boulou, pionnier de la Mission Presbytérienne Américaine au Cameroun et des Eglises Presbytériennes au Cameroun où il repose. Sur le plan politique, comment taire ce fait historique que c’est ici que le résistant Oba’a Mbeti d’Ebemvok organise la résistance face à la pénétration allemande et à son administration suite à un mauvais procès rendu par celle-ci contre trois Chefs Boulou dont lui-même et après exécution par pendaison de l’un des Chefs ; un procès lié à une affaire de mœurs et de santé qui a dégénéré à un pillage par les Bulu. Il formera alors un groupe dit d’Efulane dont l’action marque l’histoire même du Cameroun. Foulassi, Berceau de l’Hymne National du Cameroun Les Foulassi ou Fulassi, il y en a également beaucoup dans le sud du Cameroun et qui pourraient prêter à équivoque dans l’entendement de l’histoire du Cameroun. Dans les faubourgs d’Ebolowa capitale provinciale ou de la région du Sud, Chef lieu du Département de la Mvila, et des Arrondissements d’Ebolowa I et II, sur l’axe Ebolowa-Biwong-Bané existe déjà un Foulassi qui partage cette particularité avec le Foulassi qui nous intéresse, que les deux sont peuplées des populations Bulu, du clan Yembong. Mais ici, pour ne pas rajouter à la confusion, les autochtones du coin y mettent un peu plus de précision en la déterminant par Foulassi-Messa d’un village de la contrée, grand carrefour après Foulassi d’où convergent les routes Biwong-Bane/Ebolowa et Lolodorf-Ebolowa tant est qu’il faut passer par Ngoazip. En voyageant tout aussi sur l’axe Ebolowa-Kribi ou Kribi-Ebolowa en passant par Akom II, découvrira-t-on aussi une autre localité Foulassi dans le ressort territorial de l’Arrondissement d’Ebolowa compétent par Biyoka. Certes moins célèbre que ses consœurs et homonymes, il n’en est pas moins une raison d’une possible méprise quand on parle de foulassi comme Station relai importante de la Mission Presbytérienne Américaine au Cameroun ou comme berceau de l’hymne national du pays. En 1927 a été composé le chant de ralliement par les élèves de l’Ecole Normale de cette localité, une classe de 29 élèves dont Jam Afane René, Minkio Mi Bamba, Nkono Banga, Nyate Nko’o. C’est ce chant qui sera adopté comme hymne national du Cameroun en 1957. Point n’est besoin de revenir sur les différentes portées historiques, politiques, philosophiques, lyrique et patriotique de ce chant. Il n’est pas inutile également de mentionner que pendant un temps le site où trône une majestueuse Eglise qui fait partie de l’une des fiertés de l’EPC en la matière, pour le reste a connu une certaine traversée du désert et qu’aujourd’hui, il semble connaître une renaissance avec ce qui est tantôt son Centre Universitaire Presbytérien d’Afrique Centrale. L’institut Supérieur Presbytérien Camille Chazeaud, l’Ecole Supérieure de Théologie Camille Chazeau. Quand on vous aura dit que cette localité se trouve dans la Province/Région du Sud, dans le Département du Dja et Lobo dont le chef lieu est Sangmelima et dans l’Arrondissement du même nom, quand on aura ajouté que c’es un village des faubourgs de cette ville de Sangmelima sur la route Yaoundé-Mbalmayo-Sangmelima, un peu avant l’entrée dans la ville de Sangmelima, à moins d’une dizaine de kilomètres de la ville, vous comprendrez alors de quel Foulassi, site symbole à plus d’un titre on parle, bien que peuplé des Yémbong comme un autre de ses confrères parmi les villages du Sud, mais qui est la Station relai de la Mission Presbytérienne Américaine au Cameroun, de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise et de l’histoire du Cameroun en question. |
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